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00:00:00 — Olivier Poivre d'Arvor, vous êtes ambassadeur chargé de l'attractivité culturelle de la France. Avec ce grand tour, on a l'impression d'une opération coup de poing pour ramener les touristes étrangers en France. D'abord, c'est au départ un projet un peu durable. C'est constaté qu'avec 85 millions de touristes, comme votre reportage l'a dit, la France est la première destination touristique au monde et qu'on souhaite garder non seulement cette place, et gagner et aller peut-être, comme Laurent Fabius avait dit, 100 millions pour 2020.
00:00:29 — Laurent Fabius voudrait ambitionner 100 millions, c'est très ambitieux. Pourquoi pas, parce que dans le fond, tout est possible et on voit bien que très très vite aujourd'hui, les destinations bougent et la France a quand même beaucoup à offrir, ça c'est la première chose. La seconde chose, c'est que la moitié de ces touristes étrangers viennent en France pour des raisons culturelles. C'est une belle leçon aussi pour nos amis francophones, il faut investir sur la culture parce que les gens viennent, se déplacent aujourd'hui, non pas uniquement pour aller se baigner ou pour aller en haut des montagnes, mais aussi pour des raisons artistiques, culturelles,
00:00:55 — ce qu'on appelle l'art de vivre, le savoir vivre, la France, le patrimoine, la création, tous ces éléments un peu immatériels qui font qu'on va aller non seulement voir la. Tour Eiffel, mais aussi les Châteaux de la Loire, et puis on va décider parce qu'il y a l'image du parfum ou du vin en France, on va aller en France. Alors comment on va les amener précisément en région, puisque beaucoup viennent pour voir Paris, la Tour Eiffel comme vous disiez ? Oui, c'est très important. Oui, parce que les grandes destinations, et dedans c'est aussi Disneyland, il faut être Il y a la Tour Eiffel, Disneyland, donc un peu des blockbusters.
00:01:22 — Donc notre projet est très simple, c'est tout simplement de permettre une vraie information qui n'existe pas à travers l'ensemble du monde, donc à travers l'ensemble de nos ambassades, de faire connaître ce calendrier de Grand Tour qui, pendant six mois, de janvier à juillet, va leur proposer des destinations un peu inédites. Vous avez parlé des jardins de Chaumont-sur-Loire, c'est formidable, il y a déjà 400 000 personnes qui viennent à ce festival qui est extraordinaire, dans un espace absolument magnifique où, en effet, des paysagistes inventent des jardins.
00:01:48 — Quand vous êtes à Paris, ce n'est pas très loin finalement, vous êtes en une heure et demie de train, vous êtes à Chauvons-sur-Loire. Et donc on a essayé d'identifier ça. Ce passeport pour le Grand Tour va être traduit en 80 langues dans l'ensemble des pays qui vont soutenir cette opération, 160 pays dans le monde. Et on espère là, en effet, pouvoir répondre un peu à cette crise que nous vivons aujourd'hui du tourisme. Mais au-delà de ça, d'ouvrir très largement le spectre des lieux qui sont visitables et des lieux qui peuvent accueillir des touristes en France.
00:02:14 — Alors c'est une opération à l'échelle de la France, mais vous avez l'intention également de la dupliquer à l'échelle des pays francophones, éventuellement, qui ont été également impactés par les attentats. Oui, c'est une proposition que je veux faire à Mickaël Jean, qui est la nouvelle secrétaire générale de l'Organisation internationale de la francophonie. Ce qui m'a frappé, c'est qu'en effet, ce grand tour avait été imaginé avant les attentats, parce qu'on voulait booster, mauvaisment, pas très francophone, augmenter le nombre de touristes étrangers.
00:02:41 — Mais je m'aperçois finalement que les pays qui ont été touchés sont les pays autour de la Méditerranée, le Maghreb très largement, les pays d'Afrique qui sont aujourd'hui vraiment en crise. La Tunisie est un exemple majeur. Et je pense que là, il y avait des festivals formidables au Liban, des grands festivals qui ont dû fermer ces dernières années parce que les touristes ne viennent pas. Et je trouve que l'idée de lancer un grand tour à l'échelle de la francophonie, donc des pays francophones, particulièrement du Sud, serait une idée à la fois stimulante, singulière, qui montrerait l'apport de la culture francophone au monde et puis pourrait permettre en tout cas des apports économiques importants.
00:03:13 — Alors, on parle des touristes, mais parlons des étudiants qui, eux, restent quand même nombreux à venir en France. La France est le troisième pays d'accueil des étudiants étrangers. D'ailleurs, l'enseignement du français reste l'une des clés pour parfaire l'accueil de ses étudiants. 7 Jours sur la planète, je vous le disais, est un excellent outil, on ne va pas dire le contraire.
00:03:31 — Et on salue aussi l'IFOS, plateforme de l'Institut français pour l'enseignement du français professionnel, qui vient donc de recevoir le Label européen des langues, qui avait été décerné en son temps à 7 Jours sur la planète. Alors, est-ce que le fait de proposer des outils innovants pour l'apprentissage du français, ça doit aussi faire partie du package. Bien sûr, d'abord pas de déclinisme. Vous l'avez rappelé, nous sommes le troisième pays au monde en termes d'accueil d'étudiants étrangers. Et les deux premiers sont des pays anglophones, États-Unis, Royaume-Uni. Donc la France vient après avec 300 000 étudiants, c'est très important.
00:04:02 — Beaucoup d'étudiants qui viennent du Sud, mais pas uniquement, et qui considèrent qu'en France il y a des espaces de formation importants. Évidemment, tout ce qui va faire que le français sera plus ludique, à travers ce que vous faites, en effet, 7 jours sur la planète, qui est un vrai outil d'apprentissage de la langue. Tout ce qui va faire que le français sera innovant, en effet, fera qu'on ira vers cette langue et pas uniquement vers ce qu'on croit être la langue facile, qui est l'anglais, certes, mais le français peut être une langue facile et surtout une langue très agréable.
00:04:28 — Et il y a du plaisir dans la langue française, il ne faut pas l'oublier, voilà. Alors l'objectif de ce grand tour s'adresse aux étrangers, mais aussi aux Français qui se sont un peu repliés sur eux après toute cette série d'attentats. Les fréquentations des musées, vous l'avez dit. Comment amener les Français à aller au théâtre, au musée, aujourd'hui, qui se sont vidés ? D'abord en disant très clairement, non pas aux terroristes, parce qu'ils ne nous écoutent pas aujourd'hui, mais en disant plus généralement que nous revendiquons, nous, ces valeurs-là de fraternité, de solidarité, et que la culture les porte.
00:04:55 — Il n'y a jamais de guerre pour la culture, dans le fond. La culture, c'est pour nous, en France, notre pétrole à nous. Je crois que c'est quelque chose qui soude beaucoup les citoyens de gauche, de droite, qui parfois s'opposent au moment des élections, mais tout le monde est d'accord pour aller voir un concert, Tout le monde est d'accord, il y a une fréquentation extraordinaire par les festivals, par les lieux culturels, etc. En France, il y a un goût extraordinaire de cette chose qui finalement nous élève. Donc, c'est important de rappeler à tous et à toutes qu'aller dans un concert, ça n'est pas dangereux, c'est beaucoup moins dangereux que de prendre la voiture, même quand il y a des attentats, en nombre hélas de victimes.
00:05:30 — Et puis surtout, ça rend heureux et ça permet aux gens de toute confession, de toute religion, de toute couleur, d'être ensemble dans un moment qui s'appelle tout simplement la vie et le plaisir, et ce n'est pas négligeable. Ce sera le mot de la fin, la culture rend heureux. Absolument. Merci beaucoup Olivier Poivre-Darvore pour cet éclairage sur l'attractivité culturelle de la France qu'il faut donc renforcer.
00:05:53 — Merci à vous. Merci à vous.